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Chômage structurel : Quelle est la différence et définition complète

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Vous entendez parler de chômage structurel dans les débats économiques et vous vous demandez ce que ça signifie concrètement ? Vous voulez comprendre pourquoi certains pays peinent à faire baisser leur taux de chômage même en période de croissance ?

C’est exactement le sujet qu’on va décortiquer ensemble aujourd’hui.

Le chômage structurel, c’est ce phénomène économique qui explique pourquoi le chômage persiste même quand l’économie se porte bien. Contrairement au chômage conjoncturel qui fluctue avec les cycles économiques, lui reste ancré dans le fonctionnement même du marché du travail.

Vous allez découvrir sa définition précise, comprendre ses causes profondes et voir quelles solutions existent pour le réduire.

Qu’est-ce que le chômage structurel ? Définition et différences

Le chômage structurel désigne la part du chômage qui persiste de façon durable, indépendamment des fluctuations de la conjoncture économique. Il résulte d’un déséquilibre profond entre l’offre et la demande de travail sur le marché du travail.

Cette forme de chômage se distingue nettement du chômage conjoncturel, qui lui fluctue selon les cycles économiques. Quand l’économie ralentit, le chômage conjoncturel augmente. Quand elle repart, il diminue. Le chômage structurel, lui, reste présent même en période de croissance.

Type de chômage Causes Durée Solutions
Chômage conjoncturel Récession, baisse de la demande Temporaire Relance économique
Chômage structurel Inadéquation qualifications, rigidités Persistante Réformes structurelles
Chômage frictionnel Temps de recherche d’emploi Très courte Améliorer l’information

Pour bien saisir cette notion, prenons un exemple concret. En France, le taux de chômage n’est jamais descendu sous 7% des actifs au cours des 30 dernières années, tandis que les États-Unis ont fréquemment été sous 5%. Cette différence témoigne d’un chômage structurel plus élevé en France.

Le chômage structurel reflète des dysfonctionnements durables du marché du travail. Il ne suffit pas d’une simple relance de la production pour le résorber. Les entreprises ont beau chercher à recruter, elles ne trouvent pas les profils adaptés, ou les coûts et rigidités les découragent d’embaucher.

Les principales causes du chômage structurel

L’inadéquation des qualifications

La première cause du chômage structurel réside dans le décalage entre les compétences des travailleurs et les besoins des entreprises. Les mutations technologiques et sectorielles créent de nouveaux emplois tout en détruisant d’autres.

Par exemple, la digitalisation supprime des postes d’employés administratifs mais crée des besoins en développeurs web. Si les travailleurs licenciés n’ont pas les qualifications nécessaires pour ces nouveaux emplois, ils restent durablement au chômage malgré l’existence d’offres d’emploi.

Cette inadéquation se manifeste aussi géographiquement. Certaines régions industrielles en déclin concentrent des chômeurs aux compétences obsolètes, tandis que les métropoles dynamiques peinent à recruter dans les secteurs porteurs.

Les rigidités institutionnelles et réglementaires

Le fonctionnement du marché du travail peut lui-même générer du chômage structurel à travers diverses rigidités :

  • Coût du travail élevé : cotisations sociales importantes, SMIC trop haut par rapport à la productivité de certains travailleurs
  • Protection de l’emploi stricte : difficultés et coûts de licenciement qui découragent l’embauche
  • Prestations chômage généreuses : elles peuvent inciter à prolonger la recherche d’emploi et augmenter le salaire de réservation
  • Négociations salariales centralisées : elles empêchent l’ajustement des salaires aux conditions locales

Ces facteurs créent un cercle vicieux. Les entreprises hésitent à embaucher à cause des coûts et contraintes, ce qui maintient un taux de chômage élevé. Les salariés en poste (les ‘insiders’) bénéficient de cette situation pour maintenir leurs avantages, au détriment des chômeurs (les ‘outsiders’).

Les transformations économiques

L’économie évolue constamment, créant du chômage structurel à travers :

La désindustrialisation qui supprime massivement des emplois peu qualifiés. Les anciens ouvriers peinent à se reconvertir dans les services qui exigent souvent d’autres compétences.

Le progrès technique qui automatise de nombreuses tâches. Si cette automatisation améliore la productivité, elle détruit aussi des emplois plus vite qu’elle n’en crée de nouveaux.

La mondialisation qui déplace la production vers des pays à bas coûts. Cette concurrence internationale frappe particulièrement les secteurs intensifs en main-d’œuvre peu qualifiée.

Comment mesurer et réduire le chômage structurel

Les méthodes de mesure

Mesurer le chômage structurel s’avère complexe car on ne peut pas l’observer directement. Les économistes utilisent plusieurs approches :

Le taux de chômage d’équilibre (ou NAIRU – Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) correspond au niveau de chômage compatible avec une inflation stable. Au-delà, l’inflation s’accélère car la demande de travail excède l’offre.

Les méthodes statistiques tentent de séparer les composantes temporaires et permanentes du chômage en analysant les séries historiques.

Cependant, ces mesures restent imprécises et font l’objet de débats. La part structurelle du chômage peut varier selon les périodes et les méthodes utilisées.

Les politiques de lutte contre le chômage structurel

Contrairement au chômage conjoncturel qui se traite par des politiques de relance, le chômage structurel nécessite des réformes en profondeur :

Formation et requalification : développer l’apprentissage, la formation continue et l’accompagnement des reconversions pour adapter les compétences aux besoins du marché.

Flexibilisation du marché du travail : assouplir les règles de licenciement, développer les contrats flexibles, décentraliser les négociations salariales pour faciliter l’ajustement.

Réduction du coût du travail : baisser les cotisations sociales, notamment sur les bas salaires, pour encourager l’embauche des moins qualifiés.

Amélioration de la mobilité : faciliter la mobilité géographique par des aides au logement et aux transports, développer le télétravail.

Innovation et investissement : soutenir les secteurs porteurs et l’innovation pour créer de nouveaux emplois et compenser les destructions.

L’efficacité de ces mesures dépend du contexte économique et social de chaque pays. Il n’existe pas de solution universelle, mais plutôt un mix de politiques à adapter selon les spécificités nationales.

FAQ : Vos questions sur le chômage structurel

Quelle est la différence entre chômage structurel et conjoncturel ?

Le chômage conjoncturel fluctue avec les cycles économiques : il augmente en récession et diminue en croissance. Le chômage structurel persiste même en période de croissance car il résulte de dysfonctionnements durables du marché du travail (inadéquation des qualifications, rigidités institutionnelles). Par exemple, même quand l’économie française croît, une partie du chômage reste incompressible à cause de ces facteurs structurels.

Quels sont les exemples concrets de chômage structurel ?

Voici des exemples typiques de chômage structurel : un ouvrier sidérurgiste licencié qui ne trouve pas d’emploi car son secteur a disparu localement ; un comptable remplacé par un logiciel qui manque de compétences numériques ; un jeune sans qualification face à un marché qui exige de plus en plus de diplômes. Dans tous ces cas, le problème ne vient pas d’un manque temporaire d’activité économique, mais d’un décalage durable entre l’offre et la demande de travail.

Henri

Henri

Expert chez ExpertiseEmploi

Expert en emploi et recrutement, partageant conseils et stratégies pour optimiser votre parcours professionnel.

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